Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies s’est réuni ce vendredi 22 août en urgence, à la demande des États-Unis, face à la prolifération des attaques de groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo.
Mme Martha Ama Akyaa Pobee, sous-Secrétaire générale pour l'Afrique, a appelé à une cessation effective des hostilités en RDC. Elle a indiqué que l'évolution de la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo n'a pas été à la hauteur des progrès réalisés sur le plan diplomatique, déplorant en outre que les parties ne se soient toujours pas acquittées de leurs obligations au titre de la résolution 2773.
Au Nord-Kivu, le conflit s'est considérablement intensifié depuis avril. L'AFC/M23 a continué de gagner progressivement des territoires dans les territoires de Masisi, Walikale et Lubero, s'emparant de terres des groupes armés locaux opérant sous l'égide des Wazalendo.
Selon les chiffres du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, a-t-elle rapporté, au moins 319 civils ont été tués par l'AFC/M23, appuyée par des membres des forces de défense rwandaises, entre le 9 et le 21 juillet dans quatre villages du territoire de Rutshuru. Ces meurtres sont le résultat tragique d'une campagne militaire ciblant les bastions traditionnels des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
« À ce stade critique pour la RDC et la région, il est essentiel que le Conseil soutienne pleinement les efforts de paix en cours et exerce son influence pour garantir le respect de la résolution 2773 », a plaidé Mme Martha Ama Akyaa Pobee.
Appel à un engagement pour la paix
Elle a également fait état d'une forte détérioration de la situation sécuritaire en Ituri depuis début juillet, malgré les progrès réalisés dans le cadre du Dialogue intergroupes armés qui s'est tenu à Aru fin juin. Les factions Zaïre affiliées à la Convention pour la révolution populaire (CRP) ont intensifié leurs opérations contre les positions de l'armée gouvernementale, ciblant également occasionnellement des civils. La CODECO a également repris les hostilités.
Pour la Sous-Secrétaire générale, l'adoption par la RDC et le Rwanda des termes de référence du Comité conjoint de surveillance, du mécanisme conjoint de coordination de l'Accord de Washington et de la déclaration de principes pour un cadre d'intégration économique régionale est encourageante.
Mais si l'engagement en faveur du processus est le bienvenu, il ne saurait se substituer à une cessation effective des hostilités sur le terrain ni à des mesures concrètes pour mettre fin au conflit dans l'est de la RDC, a-t-elle souligné.